Vous êtes au rayon fruits, un melon dans une main, une pastèque dans l'autre. Les deux promettent de la fraîcheur, mais lequel choisir pour votre salade de cet après-midi ? Le melon et la pastèque sont des cucurbitacées, certes, mais leurs différences vont bien au-delà de la couleur de leur chair. Entre la teneur en eau, les variétés, le poids et le prix, voici les quatre points qui vous aideront à trancher.

1. La teneur en eau : la pastèque est plus désaltérante

La première différence, et sans doute la plus simple à retenir, concerne la composition. La pastèque est composée à plus de 90 % d'eau. Le melon, lui, tourne autour de 88 %. Cela peut sembler anodin, mais sur une portion de 200 grammes, la pastèque apporte environ 180 ml d'eau contre 176 ml pour le melon. Pour une journée de canicule, la pastèque est donc plus efficace pour vous hydrater.

Melon ou pastèque : les 4 différences à connaître pour ne plus se tromper
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Cette différence explique aussi pourquoi la pastèque est souvent plus lourde à volume égal. Un melon de taille moyenne pèse entre 500 grammes et 1,5 kg, tandis qu'une pastèque classique dépasse facilement les 3 kg. Les mini-pastèques, apparues dans les années 2000 avec des variétés comme Dorin ou Bibo, pèsent entre 1 et 3 kg et se glissent dans un réfrigérateur standard.

2. La variété : pastèque sans pépins, melon à chair orangée

Le melon et la pastèque ne se choisissent pas de la même manière. Pour le melon, il existe plus de 500 variétés. Le critère principal est le calibre : en France, le calibre 12 est le plus courant, ce qui correspond à un fruit d'environ 1,2 kg. Les producteurs changent de variété toutes les deux à trois semaines pour maintenir ce calibre en fonction de la date de plantation.

Pour la pastèque, la logique est différente. La saison de consommation est plus courte, et les producteurs utilisent souvent la même variété du début à la fin. Le marché est segmenté par taille : les pastèques de 1 à 3 kg, celles de 2 à 5 kg, et les mini-pastèques. La pastèque sans pépins domine aujourd'hui en France, car les consommateurs la préfèrent. Contrairement à une idée reçue, il ne s'agit pas d'OGM : c'est un hybride créé par croisement entre une plante mâle à 22 chromosomes et une femelle à 44 chromosomes, ce qui rend les graines stériles.

La chair de la pastèque est majoritairement rouge, mais des variétés à chair jaune existent et pourraient gagner en popularité si leur goût s'améliore. Le melon, lui, se décline en plusieurs couleurs de chair : orange, vert pâle, blanc. Le melon charentais, le plus vendu en France, a une chair orange vif.

3. Le choix au moment de l'achat : couleur et craquelures

Comment être sûr de ne pas acheter un melon ou une pastèque insipide ? Le maraîcher Florian Gilbert donne des repères simples.

Melon ou pastèque : les 4 différences à connaître pour ne plus se tromper
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Pour le melon, regardez la petite queue, le pédoncule. Si elle est craquelée, le fruit a été cueilli à pleine maturité, chargé de sucre. La couleur de la peau est aussi un indice : un melon récolté à maturité est légèrement jaunâtre. À l'arrière du fruit, appuyez doucement : le doigt doit pouvoir s'enfoncer un peu. Inutile de le sentir, car certaines variétés sont peu odorantes tout en étant très sucrées.

Pour la pastèque, la méthode classique consiste à la soupeser. Un fruit lourd est chargé en eau et en sucre, mais attention : une pastèque cueillie trop tôt peut être lourde sans être mûre. Le maraîcher conseille de faire confiance à son primeur ou producteur, qui a déjà fait la sélection. Si vous tapez sur la pastèque, un son creux indique une bonne maturité, mais ce n'est pas une science exacte.

Critère Melon Pastèque
Teneur en eau Environ 88 % Plus de 90 %
Poids moyen 500 g à 1,5 kg 1 à 5 kg (mini 1-3 kg)
Variétés courantes Plus de 500, calibre 12 dominant Avec ou sans pépins, chair rouge ou jaune
Signe de maturité Pédoncule craquelé, couleur jaunâtre Fruit lourd, son creux
Prix moyen 1 à 2 € pièce (primeur) 2 à 5 € pièce selon taille

4. Le prix et la saison : un écart qui se justifie

Le melon est généralement moins cher que la pastèque à poids égal. Un melon chez un primeur coûte entre 1 et 2 euros, tandis qu'une pastèque peut atteindre 3 à 5 euros selon sa taille. Mais attention : le melon le plus cher n'est pas forcément le meilleur. La main-d'œuvre représente une part importante du coût, surtout pour les melons français. En supermarché, le prix est souvent inférieur d'un euro par rapport au primeur.

La saison du melon s'étale de juin à septembre, avec un pic de production en juillet-août. La pastèque, elle, est disponible de juillet à septembre, mais sa saison est plus courte. Pour profiter des meilleurs prix, achetez entre mi-juin et mi-juillet, quand les volumes sont les plus importants.

« En France, une exploitation sur deux ferme. Soutenir nos petits producteurs, c'est aussi choisir des fruits de saison et français », rappelle le maraîcher Florian Gilbert.

Un conseil pour finir : adaptez votre choix à votre usage

Si vous préparez une salade composée pour un déjeuner léger, la pastèque apporte plus d'eau et se marie bien avec la feta et le vinaigre balsamique. Si vous cherchez un dessert plus sucré et plus concentré en goût, le melon est meilleur, surtout accompagné de burrata et de basilic. Ne vous fiez pas uniquement au prix ou au poids : regardez la couleur, le pédoncule, et n'hésitez pas à demander conseil à votre primeur. C'est le meilleur moyen d'éviter une déception gustative.